PEAC Les Harkis de la citadelle

PEAC Les Harkis de la citadelle

Parcours d'éducation artistique et culturelle mené avec des élèves du département

Le projet

SOMME PATRIMOINE mène depuis 2020, avec le soutien de la DRAC Hauts-de-France, un parcours d’Éducation Artistique et Culturelle "Les Harkis de la citadelle" visant à mettre en lumière une page presque invisible de l’histoire de la citadelle : celle de l'accueil des Harkis au sortir de la guerre d'Algérie.

SOMME PATRIMOINE s'est entouré de Cléa Coudsi et Eric Herbin, deux artistes plasticiens pour accompagner le projet.

Leur objectif : tisser patiemment une toile, un réseau entre les différentes époques, entre la France et l’Algérie, entre Doullens et Amiens Nord, entre la Citadelle et le reste de la ville...

Ils créent pour cela différents moments, une série de gestes qui impliquent des rencontres et des partages, des correspondances qui s’effeuillent, des voyages qui se concrétionnent strates après strates, des empreintes de silences, une mer de fils presque rompus, des ruines qui lévitent, des gestes légers, suspendus...

SOMME PATRIMOINE a souhaité que les artistes puissent associer au projet des élèves de Doullens et d'Amiens et de tous niveaux scolaires.

Ce projet prendra plusieurs formes notamment la création d'une œuvre pérenne au sein de La citadelle et la publication d'ouvrages valorisant les travaux des élèves !

Communiqué de presse - PEAC Les Harkis de la Citadelle

Une page d'Histoire de la citadelle de Doullens

Le 18 mars 1962, la guerre d'Algérie s'achève avec la signature des accords d'Evian entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la république algérienne. Ces accords mettent fin à plus de sept années d'une guerre qui causera la mort de plus de 28 500 soldats français, entre 30 000 et 90 000 harkis et un nombre inconnu de combattants algériens, estimation qui varie, selon les sources, entre 250 000 et 1 000 000 d'individus.

Les militaires qui ont été rapatriés dans le département de la Somme sont issus du 22ème régiment de tirailleurs qui était basé à Amiens. Le 5 juillet 1962, la préfecture de la Somme est prévenue de l'arrivée imminente de 1067 rapatriés, composés de familles de harkis et de civils. Dans l'urgence, la préfecture n'a pas de solution immédiate pour proposer un hébergement à ces hommes, à ces femmes et à ces enfants. Aussi, le préfet ordonne la réquisition de la citadelle de Doullens.

Les rapatriés arrivent en gare d'Amiens en pleine nuit. Des bénévoles de la Croix-Rouge leur offrent un bouillon chaud. Puis l'armée achemine plus d'un millier de personnes vers la citadelle de Doullens, dont les bâtiments de la prison pour femmes ne sont plus en service depuis 1958. Au cours du mois de juillet, une partie des rapatriés sont redirigés vers la citadelle d'Amiens. L'effectif à Doullens se stabilise de juillet 1962 à janvier 1964 autour de 500 à 600 individus.

Durant l'année 1964, un programme de construction spécifique va permettre le relogement des familles et en mai 1965, la citadelle de Doullens n'héberge plus personne.

Le relogement des familles sera progressif. A Doullens, trente logements préfabriqués permettent d'héberger 111 rapatriés. Mais c'est dans le future quartier nord d'Amiens que sont relogés la majorité des rapatriés à la cité de la Briqueterie dans le quartier dit du Pigeonnier.

Interventions en milieu scolaire

SOMME PATRIMOINE invite les artistes à associer les élèves de différents niveaux scolaires à leur démarche créative. C'est ainsi qu'ils interviennent auprès de l'école primaire Michel Ange, de l'école primaire Pigeonnier, de l'école élémentaire Beauvillé, toutes trois à Amiens, du collège Jean Rostand et du lycée de l'Authie de Doullens.

Ces temps de rencontres avec les élèves, échelonnés sur deux années scolaires, en classe et dans la citadelle, donnent lieu à des créations diverses.

Avec les élèves, Cléa et Eric créent ainsi un livre photographique rassemblant des "machines à s'évader" en kit inventées par les enfants, un livre de cuivre éphémère destiné à être sculpté et chiffonné (comme de l'espace et du temps), des bandes-sons, des films et des dessins-animés.
 

Dessin-animé des élèves de l'école Michel Ange

Feuilles de cuivre

(Re)jeux

"Le rejeu est la reprise du mouvement tectonique le long d'une faille préexistante. A la suite de sa création lors d'un premier mouvement tectonique, une faille peut connaître, dans un temps géologique plus ou moins long, un ou plusieurs autres mouvements des plaques en jeu dans la faille initiale. La faille "rejoue" ou a "rejoué". Nous pourrions également utiliser le terme de "réactivation". La succession des rejeux constitue l'historique de la faille. Ce terme est également utilisé par les démographes pour évoquer par exemple "le rejeu d'une faille générationnelle".
Raphaëlle Branche "Papa, qu'as-tu fait en Algérie ?" Editions de la Découverte

L'installation in situ de Cléa Coudsi et Eric Herbin prendra place dans la citadelle de Doullens lors des Journées Européennes du Patrimoine le 17 septembre 2022.